Comment apprivoiser son trac pour parler en public ?

Par Franck GIL – 15/02/2019

Vous devez prendre la parole en public et vous appréhendez déjà : les idées qui se percutent, les mots qui peinent à se mettre dans le bon sens, la peur du trou noir qui pointe le bout de son nez. Mais comme si ça ne suffisait pas, voilà votre cœur qui s’emballe. Vous avez la gorge serrée, la bouche pâteuse, la boule au ventre, les mains moites. Bref, tout va bien. Dans 30 minutes, vous serez face à votre public et ce sera un fiasco !

Mais rassurez-vous, le trac n’est pas une fatalité et il n’est pas nécessaire de s’inscrire aux Cours Florent pour s’en sortir. Par contre, pour s’en prémunir, il faut :

  1. comprendre ce qu’est le trac
  2. changer d’habitude
  3. et travailler.

Je vous propose 5 conseils et astuces pour apprendre à connaitre et dépasser son trac.

Qu’est ce que le trac ?

Tout d’abord, pour apprivoiser et dépasser son trac, il faut déjà le comprendre, savoir ce que c’est. Et c’est la meilleure façon de le démystifier.

Le trac est une appréhension d’anticipation lié à notre peur de l’échec. Le mot clé dans cette phrase, c’est « anticipation ». Nous anticipons donc ce qui pourrait arriver.

En fait, le trac est un phénomène tout à fait normal. Mais surtout, contrairement au stress (qui dure davantage) et à la peur (qui est plus intense), il s’estompe naturellement, au fur et à mesure que vous agissez ou parlez.

Plutôt que de le rejeter, il faut donc l’accepter. Comme un préalable à toute intervention qui vous sort de votre zone de confort. C’est comme un sas qui délimite un changement d’état. Vous allez vous exposer, votre état émotionnel et psychologique vont donc changer.

Il est ainsi logique que votre corps en ressente les effets, et ce même si vous n’ayez encore rien fait ! Parce que vous anticipez. Et c’est justement sur ce point qu’il faut agir !

Le trac, peur innée ou acquise ?

Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, le trac n’est pas inné. Il est acquis. Et c’est plutôt positif car cela veut dire qu’on peut s’en affranchir.

Jusqu’à l’âge de 5 ans, nous nous exprimons librement, sans contrainte, sans tabou, sans honte. Mais avec l’éducation, les choses changent. Je ne sais plus si je peux prendre la parole (et à qui d’ailleurs ?). Car papa est fatigué et maman est occupée.

A l’école aussi, il faut lever le doigt pour s’exprimer. Ma question est-elle suffisamment pertinente ? Et si mon prof me donne la parole (l’avais-je donc perdu ?), il me regarde en me disant « Vas-y, je t’écoute » d’un regard interrogateur.

Tous les yeux se portent sur moi et une pression m’envahit.

Lors de réunions au travail, c’est la même histoire. Ma remarque est-elle assez intéressante pour que je perturbe l’ordre du jour ? « Oui, Dupont, une remarque à faire ? » « Euh, non, non. » Et voici le trac de la prise de parole bien installé. Surtout ne pas s’exposer. Ne pas faire de vague.

 Comprendre la source du mécanisme, c’est déjà avancer dans sa gestion du trac.

Et si on changeait de regard sur les autres ?

Pour apprivoiser son trac, il faut donc déjà changer de regard. Car la plupart du temps, nous sommes centrés sur nous-mêmes. Nos sensations, nos ressentis, nos impressions, ce qui pourrait nous arriver lors de cette prise de parole. Nous, nous, nous…

Quel égoïsme ! Au lieu de ça, changeons la donne. Et pensons au public, à ceux qui vont nous écouter. Que vont-ils apprendre grâce à nous ? Qu’allons-nous leur apporter ? Que vont-ils ressentir pendant notre discours ? Qu’est ce qui peut changer dans leur quotidien ?

La différence est minime, je vous l’accorde, car vous êtes toujours présent. Mais maintenant, vous n’êtes plus seuls. Vous êtes avec le public. Et vous agissez avec lui, pour lui. Cette simple modification de contexte aura un impact sur votre appréciation de l’instant. Vous n’êtes plus figés sur vos sensations, mais focalisés sur celles du public.

En pratiquant ce changement de regard, vous vous obligez aussi à dédramatiser la situation. Et ça, c’est important, comme nous allons le voir dans le point suivant.

Quoi qu’il arrive, penser positif, c’est la clé !

Ensuite, le trac est également le résultat d’une visualisation négative. Nous sommes ainsi fait : je vais bafouiller, je vais oublier mon texte. Et on continue : je suis trop petit ou trop grand. Je ne sais pas quoi faire de mes mains. Pour finir : ce que je dis n’est pas intéressant et d’autres sont surement plus compétents que moi.

Et blablabla blablabla. STOP !

Vous avez droit à 5 minutes d’autoflagellation, pas plus. Là, c’est bon.

On pense positif et on avance.

Fermez les yeux et imaginez le public enthousiasmé par ce que vous êtes en train de dire. Les gens sourient et hochent la tête en signe d’approbation. Ils vous posent des questions pour en savoir plus. Ils souhaitent vous revoir ultérieurement. On vous présente à d’autres personnes.

Bref, c’est le carton !

Visualisez ces personnes, entendez leurs questions et leurs félicitations. Entendez vos réponses. Sentez leurs poignées de main chaleureuses. Ouvrez les yeux. Prenez une grande respiration et détendez-vous.

Enfin, préparez-vous !

Enfin, une bonne préparation est indispensable pour s’affranchir du trac. Préparation de son discours bien sûr. Mais pas seulement :

  • Repérer les lieux avant et s’imprégner de l’ambiance.
  • Tester l’acoustique si c’est possible.
  • Marcher sur la scène et répéter quelques phrases de son texte. Se mettre en mouvement.
  • Faire des exercices d’articulation un stylo dans la bouche.
  • Étirer ses bras, ses jambes. Bouger ses épaules.
  • Pratiquer une respiration abdominale, par le ventre, pour se détendre.

Et finalement se dire que si on est là, c’est qu’il y a une bonne raison. C’est avant tout parce qu’on le mérite.

Et vous ? Vous avez aussi des astuces et des conseils pour passer outre le trac ?

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